POURQUOI LES JEUNES SONT-ILS TANT DEPENDANT AU SMARTPHONE ?

Lorsque je parle d’addiction ou de dépendance aux nouvelles technologies, je me rends compte à travers des sondages effectués ou des avis sur des forums, que l’addiction ne touche heureusement pas tout le monde, et que certaines personnes l’utilisent uniquement pour des fins professionnelles. Les plus touchés aujourd’hui, sont la jeune génération. Quelle est la place actuelle des smartphones auprès de la jeune génération ? Comment peut-on expliquer cette addiction chez les jeunes ? Au cours de cet article, je vais m’intéresser uniquement aux personnes comprises entre 12 et 18 ans.

Une utilisation de plus en plus tôt

Petite parenthèse inattendue

Personnellement, je suis né en 1989, et j’ai touché à mon premier smartphone en 2012. J’ai pas mal résisté, et j’ai survécu toute ma scolarité sans cet outil. Je suis pas sur que les étudiants d’aujourd’hui puissent en dire autant. A l’époque (oui 5 ans, c’est déjà l’époque pour moi), en école d’ingénieur, un bon nombre d’étudiants avaient acheté leur smartphone. Je me souviens, dans les cours d’amphithéâtre, il y avait un bon nombre d’écran allumé, et moi j’étais là à écouter des cours de Physique Quantique. J’ai donc attendu 23 ans pour avoir mon premier smartphone.

Mais cessons de parler de moi, et concentrons-nous sur un sujet d’actualité…

Le smartphone chez les jeunes en quelques chiffres

Peut-on vraiment attendre 23 ans pour obtenir un smartphone ? Peut-on vraiment passer une scolarité entière avec un Nokia 3310 ? Lorsque j’étais au collège, les médias se posaient plus la question de la dépendance aux jeux vidéo. Je me retrouvais à dépenser 2€ l’heure pour jouer à Counter-Strike dans un cyber-café. Les jeux vidéos avaient pour conséquence de créer des troubles comportementaux et cognitifs chez les jeunes. Désormais, c’est le smartphone qui endosse ce rôle.

Une étude a été menée dans différents collèges en belgique :

  • La première acquisition d’un smartphone se situe aux alentours de 13 ans, soit l’âge d’entrée au collège.
  • On compte près de 95% des 12-18 ans possèdent déjà cet outil.
  • Près de 3h45 sont dépensés chaque jour par les collégiens
  • 80% d’entre eux sont déjà sur les réseaux sociaux.
  • On noterait que 21% des actifs sont considérés comme addict, et souffriraient de Nomophobie. Et les filles entre 14 et 16 ans seraient les plus exposées.

Pourquoi ont-ils des smartphones si jeune ?

On a du mal à croire que les plus jeunes aient suffisamment économisé pour se procurer un smartphone coutant en moyenne entre 200 et 500 euros. Pour cela, il faut un coup de pouce des parents, qui généralement l’achètent au moment des fêtes.  Il y a deux raisons qui s’opposent mais qui sont :

  • smartphone chez les jeunesDes parents de plus en plus jeunes qui ont également besoin d’être connecté à leur enfant. Les parents sont protecteurs et ont besoin d’avoir des nouvelles de leur enfant régulièrement. Ils se mettent à jour dans l’éducation de leur enfant.
  • Le caprice des enfants face à leurs parents qui réclament un smartphone pour être « comme tout le monde ». Bien qu’ils veuillent préserver une communication saine au sein du cercle familiale, les parents ont tendances  à céder facilement à la pression. Les enfants suivent le mouvement instauré par les autres camarades de classes. Le fait de ne pas posséder de Smartphone peut être l’objet de critique ou de moquerie.

Malgré cela, les experts déconseillent d’équiper les enfants trop jeunes. Mais si c’est les cas, alors les parents doivent limiter l’utilisation à leur enfant. Pour cela, il est préférable d’utiliser des cartes pré-payées, des forfaits bloqués sur internet et un contrôle parental.




A quoi cette addiction peut-elle être liée ?

Les réseaux sociaux, la source d’une dépendance ?

Paradoxellement, addiction réseau socialla jeune génération n’est pas addict au smartphone, mais plutôt aux applications qu’elles proposent. Les premières concernés sont bien évidemment les « réseaux sociaux« . Le smartphone est juste l’outil qui leur permet d’accèder plus facilement en journée à leur application préférée. Dans la cour de récréation, tout le monde pianote sur son écran. Quels sont ces besoins de se connecter en permanence ? Une enquête a été ouverte à ce propos :

  • Besoin de reliance : Les jeunes ont besoin des réseaux sociaux afin qu’ils puissent discuter virtuellement à n’importe quel moment. Ils s’attachent à ça afin de sortir de l’isolement et à s’intégrer plus facilement aux autres.
  • Besoin de réduction de l’anxiété : Les jeunes ont besoin de se sentir bien aux yeux des autres, ainsi ils font exactement la même chose que les autres afin de réduire leur anxiété personnel.
  • Besoin de « stalker » : Les jeunes ont besoin de connaître les gouts des autres, savoir ce qu’ils aiment ou ce qu’ils font. Il y a un besoin sans cesse de suivre son fil d’actualité pour être à jour auprès des autres.
  • Besoin de d’être reconnu : Internet est large. Les jeunes l’ont compris, ils passent leur temps à regarder des vidéos de Cyprien et Norman. Et de plus en plus, ils veulent suivre leur aîné et être reconnu sur Internet. Ils savent que c’est un moyen pour se faire de l’argent et réaliser leur rêve (mais ce n’est pas toujours très rentable).

Ainsi, il y a un désir permanent de toucher son smartphone, de se tenir au courant immédiatement. Afin de ne pas être la risée de l’école, le jeune génération se doit d’être connectée en permanence. Certains l’utilisent beaucoup plus que d’autres. Ce n’est pas forcément le temps d’utilisation qui rends addict, mais plutôt une utilisation compulsive et abusive.

Pas tous dépendant à leur smartphone

Attention, les jeunes ne sont pas tous dépendants. On parle d’addiction lorsque ces personnes ne pensent qu’à leur smartphone, ils l’utilisent de manière compulsive, ils ne sentent pas bien lorsque leur appareil n’est pas à proximité, ils se connectent régulièrement pour se procurer du plaisir et penser à autre chose ou encore un besoin urgent de l’utiliser immédiatement. Un psychologue affirme que « La dépendance ne se marque pas nécessairement par l’usage ou le temps d’usage du smartphone mais bien par l’effet que ça provoque au niveau de la santé mentale du jeune ».

Bien qu’il y ait encore quelques utilisation abusives, certaines personnes ont consciences de ça, et n’utilisent alors que les réseaux sociaux pour se divertir ou prendre des nouvelles d’un proche. C’est le cas de Louis-Roger, 17 ans et élève de Terminale qui affirme que son smartphone lui permet avant tout d’échanger avec les autres par message instantané.

Un remède ?

Bien qu’il existe des programmes de 6 à 10 mois proposées par L’Unité de Comportement de Dépendance (UQA), rattaché au ministère de la Santé, il y a encore très peu de remèdes pour lutter contre cette addiction dans la cour de l’école. La société ne reconnait pas encore le smartphone comme une addiction, comme le pourrait être le tabac, la drogue ou l’alcool. Pourtant si on prévient des risques dès le plus jeune âge, on peut les aider à réduire leur consommation et à se concentrer davantage sur les études scolaires.

Malheureusement, les jeunes n’ont pas encore tous conscience du côté obscur que peut procurer une utilisation de smartphone, et peuvent alors être sujet à des addictions. Un psychologue de l’université de Bordeaux affirme que « Les risques sont des risques sociaux, c’est à dire se couper des autres, se mettre à l’écart du milieu familial« . Pour les aider à se déconnecter, il existe des conseils afin de réduire son temps d’utilisation.

Et vous ? Connaissez-vous des enfants qui sont concernés par une utilisation abusive et compulsive ? Qu’en pensez-vous ?

 

 

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